Aujourd’hui, il est assez difficile de définir quelle est l’image que le grand public a du karaté. Entre l’explosion d’internet, le cinéma, la télévision ou encore l’évolution de la discipline dans le monde sportif, depuis longtemps le karaté a pris de nombreux visages qui ont largement brouillé les pistes.
Aussi, si l’on demandait aujourd’hui à monsieur tout le monde de nous expliquer ce qu’est le karaté, il y a fort à parier que nous aurions autant de réponses différentes que de personnes interrogées — et probablement des réponses plutôt vagues, la plupart du temps.
Revenons donc ensemble brièvement sur les origines du karaté, à commencer par son pays d’origine justement. Eh oui, s’il est communément admis qu’il s’agit d’un art martial japonais, en réalité ce n’est pas exactement vrai, puisque l’art de la main vide vient en effet de l’île d’Okinawa.
Ah oui, karaté peut justement se traduire par l’art de la main vide : kara = vide, te = la main, puisqu’en effet il s’agit d’une pratique qui se concentre sur l’utilisation des armes naturelles de notre corps.
On peut faire remonter les origines du karaté assez loin dans le temps, au XVIIᵉ siècle notamment, avec la pratique du Tōde (“la main de Chine”) — une pratique martiale importée de Chine par des experts locaux ayant voyagé là-bas pour diverses raisons, comme le commerce, pour ne donner que cet exemple.
Toujours est-il que ces techniques ont été retravaillées et adaptées par les pratiquants locaux afin de correspondre à leurs traditions, leur philosophie et leur approche du combat à mains nues.
Ces techniques sont alors devenues petit à petit ce que l’on appela l’Okinawa-te. Elles donnèrent par la suite naissance à trois grands courants sur l’île d’Okinawa, chacun s’étant développé dans des villes et villages différents, avec leurs propres mœurs et philosophies.
C’est ainsi que naquirent le Tomari-te, le Naha-te et le Shuri-te.
Nous arrivons ainsi au XVIIIᵉ siècle, et ce sont spécifiquement ces trois courants qui sont à l’origine des premières et plus importantes écoles ou styles de karaté, qui se développeront à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle.
Vous noterez depuis le début de cet article la redondance de l’utilisation du suffixe te ajouté pour dénommer chaque style de pratique martiale développé à Okinawa.
Eh bien, c’est tout simplement parce qu’en okinawaïen (qui n’est pas la même langue que le japonais, rappelons-le), il signifie “main” ou “technique”. Mais en japonais justement, il peut également se traduire par “vide”.
C’est cette proximité linguistique qui poussera les différents maîtres martiaux d’Okinawa à regrouper leurs écoles sous l’appellation karate (que nous avons tendance à franciser à l’écrit en karaté).
Une commodité qui prit vraiment forme au début du XXᵉ siècle, alors qu’un certain Gichin Funakoshi, fondateur du style de karaté Shotokan et aujourd’hui considéré comme le père du karaté moderne, fit les premiers et décisifs pas de l’exportation de ces techniques de combat vers le Japon, qui n’en avait jusque-là jamais vraiment entendu parler.
Nous sommes alors en 1922, et sensei Funakoshi, déjà très familiarisé avec la culture japonaise, fait la rencontre d’un certain Jigoro Kano, fondateur du judo, qui l’invite à faire une démonstration de son karaté dans les locaux du Kōdōkan (organisation et QG du judo).
Une démonstration qui fera son effet sur le public japonais, qui commencera rapidement à s’intéresser à cette nouvelle pratique, et ce à la plus grande satisfaction de Funakoshi, qui souhaitait justement faire connaître au maximum son karaté.
Il adapta alors l’enseignement de son style, le structurant quelque peu et y ajoutant un système de grades inspiré du fonctionnement du judo, très apprécié des Japonais.
C’est lui qui inventa notamment les dan, niveaux du pratiquant à partir de la ceinture noire.
Cette arrivée du karaté au Japon précipita largement son développement, d’autant que le Shotokan, même s’il était le plus populaire, n’était pas le seul style enseigné au pays du Soleil-Levant.
Au fil des années, les écoles de karaté se multiplièrent, et sa popularité ne fit que s’accroître.
L’explosion définitive démarra avec la tragique Seconde Guerre mondiale et l’occupation nippone et okinawaïenne par les Américains.
Et malgré l’interdiction qu’ils avaient eux-mêmes imposée au peuple japonais de pratiquer les arts martiaux, les Américains ne s’interdirent pas d’être initiés à cette pratique et de la ramener chez eux entre la fin de la guerre et le début des années 1950.
C’est également dans les années 1950 que le karaté fut introduit chez nous, en France, par le pionnier Henri Plée, qui fit connaître la discipline et permit très largement sa diffusion en formant la quasi-totalité des premiers maîtres français, tout en faisant venir de nombreux experts japonais.
Voilà, vous en savez désormais plus sur les origines du karaté ainsi que sur les débuts de sa diffusion à travers le monde.
J’espère que cet article vous a plu.
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Crédit photo : fawn_art_prod
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