C’est quoi un kata ?

Qu’on les nomme kata, poomsae ou encore taolu, de nombreux arts martiaux possèdent ce type de formes codifiées qui semblent renfermer un savoir parfois inaccessible.

Aussi, nombre de pratiquants restent hermétiques à cette pratique que d’aucuns pensent être une notion dépassée, voire une perte de temps n’ayant pas de réelle importance ou utilité dans les arts martiaux.

Certains autres affirment, au contraire, que les kata renferment la sagesse des anciens maîtres, les secrets les plus enfouis de l’art martial, et que leur pratique est indispensable pour réellement progresser sur la voie.

D’autres encore pensent que les kata ne sont qu’un des aspects sportifs du karaté, très jolis mais n’ayant pas de réelle importance ni de réel intérêt si notre objectif n’y est pas spécifiquement lié.

Et il y a sûrement encore d’autres courants de pensée à leur sujet, mais globalement, on a quand même deux grands camps : ceux qui aiment et ceux qui n’aiment pas.

Mais au fond, y a-t-il seulement une vérité absolue sur les kata, et surtout, qu’est-ce qu’on en pense ici au Ronin Karaté Club ?

Pour y voir un peu plus clair et répondre à ces questions, commençons tout d’abord par expliquer ce que sont les kata et revenir un peu sur leur histoire.

C’est quoi un kata ?

Le terme kata peut se traduire par « forme » ou encore « moule ». Pour faire simple, il s’agit de la chorégraphie d’un combat se déroulant face à plusieurs adversaires. Le pratiquant y enchaîne blocages, contre-attaques ou encore esquives dans plusieurs directions.

À quoi est-ce que ça sert ?

Plus qu’une simple répétition de mouvements dynamiques « pour faire joli », le kata a de nombreuses utilités.

Il place dans des enchaînements multidirectionnels des techniques habituellement étudiées une par une dans l’exercice du kihon. De cette manière, il apporte un certain dynamisme et un travail de proprioception (conscience et maîtrise du corps dans l’espace et en mouvement). Le kata habitue ainsi le corps et le cerveau à effectuer un mouvement de contre-attaque après une technique de défense, tout en étant dans un mouvement complexe ou un changement de direction.

D’autre part, par l’aspect particulièrement codifié de la chorégraphie, les kata du karaté amènent à travailler le mushin (la non-pensée) puisqu’une fois le kata connu par cœur, il permettra à son pratiquant d’effectuer une sorte de méditation en mouvement sans avoir à réfléchir à ce qu’il fait.

La répétition régulière de l’exercice ancre chaque mouvement dans la mémoire musculaire ; ainsi, avec le temps, ces mouvements deviendront des réflexes et pourront être effectués correctement et surtout sans avoir à y penser, et ce dans différents contextes.

Ces mêmes répétitions vont également permettre de structurer le corps, de le renforcer dans les positions et gestes spécifiques du karaté, ce qui permettra également de travailler sur l’endurance musculaire et le renforcement spécifique aux arts martiaux.

Pour finir, et c’est peut-être l’une des notions les plus importantes : le kata est un combat réel contre des adversaires imaginaires. Ces enchaînements codifiés sont ainsi directement placés dans la volonté du combat réel.

Et si le karaté sportif et olympique a pu nous habituer à des interprétations plus spectaculaires que réalistes, chaque mouvement, déplacement ou encore demi-tour possède au moins une application réaliste et un fort potentiel de transférabilité vers le combat réel.

Une notion que j’aborde plus en détail dans le prochain article de ce blog.

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